jeudi 11 octobre 2007

Océanostalgie

En proie à un désespoir sans nom, un homme qui était ivre et survolté par une drogue quelconque, a essayé de m'étrangler alors que je m'apprètais à me tourner vers lui. C'est à ce moment précis que j'ai décidé de quitter définitivement mon village sur le bord du fleuve...
J'aimais beaucoup aller courir sur le bord de l'eau, sentir l'air salin se mélanger au goût de la sueur sur la peau de mon visage. J'entend encore les cris des goélands qui sont à la limite du décrochage, tellement ils tentent de se jouer du vent. L'air du large finit toujours par nous rattrapper.
Après mon départ, j'ai été plongé dans l'océan de la grande ville; celui-là même qui m'a procuré un anonymat sécure, une foule dans laquelle je ne craignais plus rien ni personne. Paradoxalement, j'y ai rencontré les personnes les plus significatives de ma vie, car je pouvais être de partout, je pouvais être de nulle part, à condition que je sois moi-même. Je n'avais pas besoin d'être le fils de l'un ou le cousin de l'autre pour exister. J'étais enfin devenu ce que j'étais...
Les meilleurs moments de cette vie sont ceux où je reviens du cinéma, sous un ciel de pluie et j'écoute une émission de jazz à la radio. Ce souvenir est tellement vivant et important que je l'utilise encore pour contrer une certaine forme de spleen.
Heureusement qu'il y a la pluie. La pluie nourricière, salvatrice, la pluie qui nettoie les impuretés et si vous sortez dehors sans parapluie, cette pluie nivelle certaines de nos injustices. Pauvres ou riches, sans parapluie, on reçoit des cordes... Je ne sais pas si vous avez déjà surpris un animal dans la forêt qui se met à l'abri de la pluie, mais il y quelque chose de pathétique et de profondément «humain» dans l'attitude d'attente de l'animal; nous devrions tirer plus souvent des enseignements du comportement des animaux dans leur milieu naturel. La pluie et la pression barométrique contribuent à apaiser les tensions intérieures. Elle fait partie d'un mouvement fondamental, comme la mouvances des eaux et les marées. D'une façon plutôt poétique, je dirais que la pluie c'est comme du temps liquide, un arrêt sur images dans un monde de torrents et de raz-de-marée quotidiens.
Nous vivons tous dans un océan, souvent nous en quittons un pour en retrouver un autre. Par chance, les grands bassins sont interconnectés et liés à notre capacité de nous adapter à l'eau calme après une période en eaux troubles. On peut pleurer dans l'eau, personne ne s'en rendra compte...

mercredi 10 octobre 2007

Et le poisson coupa la ligne...

Au début des années 80, un humoriste avait déclaré à la blague, que Pierre Bourque serait le prochain maire de Montréal. Tout le monde connaissait Bourque pour son implication à l'insectarium qui allait devenir plus tard le biodôme, mais personne ne soupçonnait à l'époque, que la boule de cristal fêlée de Serge Grenier disait vrai. Bourque a été en place pendant plusieurs années, et beaucoup de citoyens peuvent aujourd'hui témoigner de son règne!
Terre-Neuve sera peut-être la première province à se retirer de la confédération canadienne. D'entrée de jeu, cette affirmation peut paraître ironique, car elle a été la dernière à la joindre et le Québec a dû lui céder le Labrador pour que l'opération se fasse. Mais la fougue nationaliste de Dany Williams me force à penser que de deux situations difficiles pour la province, il pourrait choisir la «moins pire». Certes, il lui a été difficile de récupérer une partie des redevances sur l'exploitation du pétrole dans l'atlantique, mais le bilan financier actuel de la province laisse entrevoir des possibilités beaucoup plus grandes, surtout si la pointe de tarte prend du poids.
Au niveau de l'autonomie d'une province, il n'y a rien de nouveau là-dedans; le Québec, l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique sont très capables de tirer leurs épingles du jeu sans le Canada. Terre-Neuve a une population moins importante que les autres provinces et dans ce sens ses besoins sont moins grands, mais les revenus du pétrole , à eux seuls , suffisent pour en faire un «pays»riche.
À la place de Dany Williams, je mènerais une lutte sans merci à un gouvernement réducteur, pour qu'enfin une population puisse s'épanouir dans la dignité et le respect. Plutôt que de mener des débats stériles sur le droit à l'autodétermination et sur la constitutionnalité d'une loi référendaire, plutôt que de tergiverser sur la majorité à atteindre en cas de référendum, parlons plutôt le seul langage que les hommes politiques comprennent, celui de l'argent. Une certain Parizeau a essayé de nous le faire comprendre, mais le discrédit a été fort et la pelure de banane inévitable! «Money talks» disait-il, un message pouvant servir aux jeunes en manque d'idéologie et aussi pour les idéalistes sur le chemin de la refonte constitutionnelle.
Le peuple québécois devrait être indépendant depuis plusieurs années déjà. La recette est simple; voyons combien ça coûte et si la facture est trop élevée, serrons-nous la ceinture ou demandons de l'aide en faisant confiance à ce que nous sommes et avons toujours été, un peuple débrouillard. Cessons de penser que nous sommes des colonisés, incapables et surtout dépendants d'un gouvernement centralisateur qui nous étouffe, et qui ne demande pas mieux de nous affaiblir. Je souhaite à Terre-Neuve, à travers ma boule de cristal fêlée, de devenir un exemple de prise en main politique. Tout ça se passera sûrement par le chemin difficile, mais nous pourrons au moins tirer des conclusions sur notre situation future, ou peut-être sur ce que nous avons manqué dans le passé. Mais il faut être prudent; à trop souvent regarder en arrière, on se cogne la gueule sur les lampadaires...

mardi 9 octobre 2007

Monolithe-matin

Mon média blogue peut sembler bien sobre comparé à la masse extraordinaire d'informations qui se déverse sur le web à chaque jour; seule la teneur du propos mérite qu'on s'y attarde.
Le spectaculaire, le tape-à-l'oeil, les infos subventionnés et tout le «circo mediatico» ne nous obligent à rien, sauf que de croire que tout ce ramassis de merde soit réellement la vérité...
Je l'ai déjà dit, je ne crois pas à la sacro-sainte rigueur journalistique, pas plus que je ne crois aux fait divers. Par contre, je crois en la capacité des gens à se forger une opinion, du simple fait qu'ils soient observateurs extérieurs, pas aussi dupes que l'on puisse penser. L'intelligence et la logique naissent de la nécessité d'écouter sa petite voix intérieure, peu importe que les propos soient décousus, étranges ou subversifs. Viendra un jour où la petite voix s'arrêtera d'elle-même, laissant place à une réflexion articulée, ayant obligatoirement emprunté le chemin de la pensée disloquée. Nous sommes nos propres faits divers, nous sommes nos propres actualités. Il n'y a pas de vie banale, il n'y a que de mauvais journaux!
Tout le monde devrait avoir l'opportunité d'écrire un chapitre de sa chienne de vie, ne serait-ce que pour devenir des terroristes de la plume, même si tout ce que l'on réussit à faire sauter ce sont les épaules des lecteurs. Tout le monde devrait pouvoir donner son opinion sur les actualités, sauf les témoins impuissants des incendies de quartier. Personne ne devrait être «utilisé» par quelque média que ce soit, dans le but de monter un reportage de type «human interest» et faire pleurer «nos» grand-mères dans leurs chambres de résidences.
Je suis en parfait accord avec la nécessité de l'écriture...personnelle, le reste ce n'est que vanité, commérages, calomnies et appât du gain. Tout le monde se questionne sur la valeur de ses écrits, tout le monde trouve un moyen de se remettre en question, mais de ne pas être payé pour écrire un texte, c'est la seule vraie liberté de celui qui écrit!

lundi 8 octobre 2007

Échos de ma ville

Je vis dans une ville où les commerçants et les vendeurs d'automobiles sont considérés comme des hommes d'affaires et sont rois. Je vis dans une ville où il y a une recrudescence de punks dans les espaces publics et où les autos modifiées font de plus en plus de bruit la nuit. Je vis dans une ville où les policiers disent aux citoyens qu'ils sont dépassés par manque d'effectifs, quand un vandale arrache les fleurs de votre parterre. Je vis dans une ville où le manque d'éducation et l'abdication des parents contribuent à former de la graine de canaille, celle-là même qui donnera raison aux policiers dans leurs moyens de pression.
Le tableau que je dresse est particulièrement alarmiste et négatif, pourtant ce sont tous des faits réels mettant en cause une bonne partie de la population. Ma ville détient le record non enviable du plus grand nombre d'arrestations pour alcool au volant du Québec; déjà vous avez un indice de la détresse morale qui peut y règner! Ma ville a longtemps été comme un vase clos où la consommation d'alcool devenait une pratique courante, pour ne pas dire culturelle, à l'époque où ce genre de comportement était perçu comme un signe de virilité et de santé sociale.
Ma ville vivra à court terme, de sérieux problèmes sociaux reliés à une acceptation inconditionnelle de son statut de bonne vivante, de recevante et de joyeuse fêtarde; le premier janvier de l'an 2000, ce joyeux millénaire a commencé par un meurtre...

dimanche 7 octobre 2007

La peur donne des ailes

Je soupçonne la vie d'être égale avec tout le monde...Je revendique le droit à la libre pensée, pas comme si quelqu'un ne m'en empêchait, mais plutôt pour que personne jamais ne m'en empêche! Je vis, je respire, je pense, je réfléchis et je tire mes propres conclusions sans pour autant prétendre détenir la vérité; au contraire avoir ses propres opinions c'est chercher la vérité, sa propre vérité.
Croire en la valeur de l'humain au singulier, c'est apprendre à se connaître comme disait Socrate. C'est croire que l'investissement dans la connaissance de soi nous amène à une plus grande tolérance de l'autre, car nous sommes tous animés des mêmes peurs, des mêmes préoccupations. La peur de l'autre nous empêche souvent d'agir, mais quand nous agissons avec ce que nous sommes d'une façon toute authentique, c'est un message de respect de l'humain que nous envoyons à tous les humains.
Les conflits mondiaux me laissent souvent l'impression que le pouvoir de négocier n'appartient à personne, que les guerres existent parce qu'elles ne peuvent être règlées par la négociation, un peu comme si l'étape menant à la négociation était déjà une négation du conflit éventuel. Aucun conflit mondial ne pourra être réglé de façon politique ou diplomatique, seule la prise de conscience personnelle de notre propre valeur peut nous empêcher de nous entretuer. Nous sommes à la fois le poison et l'antidote...

vendredi 5 octobre 2007

Comme une odeur d'argent...

Un soupçon de dilaudid et la douleur disparaît... Suite à ma petite chirurgie, je ne peux m'empêcher de penser au film de Paul Arcand traitant de la surconsommation des médicaments au Québec. L'industrie pharmaceutique avec ses grands sorciers, ses représentants des ventes en souliers vernis et Lexus, n'a fait que suivre le chemin imposé de la performance et de la cotation en bourse. Qui ne se souvient pas des pharmaciens attirant les médecins avec des rabais sur le prix de location des locaux leur servant de cliniques? Et que dire des voyages dans le sud pour ces mêmes pharmaciens ou médecins, toutes dépenses payées par les grands sorciers eux-mêmes! Et maintenant la question qui tue:«Y a-t-il un complot?»
Sommes-nous les victimes d'un complot ou l'hallucination collective que nous impose notre consommation de médicaments fait en sorte que nous n'y voyons plus rien? Évidemment, derrière la consommation de médicaments, il y a un atroce mal de vivre, une douleur extrême, une affliction intense, pour utiliser une formule à la mode, qui nous pousse à dire:«Docteur, donnez-moi des pilules». Peut-on vraiment blâmer celui qui dans son serment d'Hippocrate, a pris l'engagement solennel d'aider ses patients, de les soulager au meilleur des ses connaissances et les amener lentement sur le chemin de la guérison, ne serait-ce que par l'effet placebo? Non, nous avons créé un système ou la prise en charge de l'individu par «ce» système, le déresponsabilise à fond, et le dépossède de sa capacité à se soigner lui-même.
Je pourrais presque dire que le dilaudid m'a amené un soupçon d'extra-lucidité me permettant de voir plus clair dans l'arnaque de la santé. Ne jamais oublier qu'au-delà de la prescription, il ya la facture qui suit et que le pourboire est déjà compris...

mardi 2 octobre 2007

Comme une odeur d'éther...

«Dans une salle d'attente d'hôpital, des membres des triades chinoises achètent une statue de Bruce Lee et demandent au contrebandier s'il veut être payé en yens ou en dollars canadiens. Un médecin amérindien me demande pourquoi je suis là et pose une pancarte sur la table disant «Dr Desmeules et cie». On me donne un appareil-photo ou je peux visionner des diapos sur le thème;«Ce que les gens font de leurs vies».
Malgré ce rêve plutôt éclaté, je retrouve une partie de ma réalité sauf pour ce qui est des triades. Ce n'est pas le premier rêve aussi révélateur de mon stress nocturne, il y en a un autre où je me réveille et un homme se tient à côté de moi, un revolver sur ma tempe. Il me demande de ne pas bouger, sinon in tirera, Je bouge, il tire...J'entends le sifflement de la balle dans mon oreille pendant dix secondes au réveil!Plutôt brutal comme réveil!
Je dois me rendre en chirurgie jeudi et espérons qu'il n'y aura pas de triades dans la salle d'attente! Ma chirurgienne n'est pas chinoise, je crois.