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dimanche 22 juin 2008

Code d'honneur et de violence

Si on se laisse porter par le "Hollywood's mainstream", on se rend compte assez vite que pour un film avec un bon sujet qui a du succès, il existera facilement 4 ou 5 pâles copies, dont certains frôleront le mauvais goût et d'autres laisseront un arrière-goût douteux.
L'espèce de sensationnalisme entourant les films touchant à la mafia russe et ses ramifications nord-américaines, a de quoi étonner le plus parfait des téméraires. La violence et la cruauté y sont à leur paroxysme, les criminels ont des allures presque surnaturelles véhiculant leur pedigree tatoué et ils obéissent à un code d'honneur tout aussi nouveau que malléable.
Mais encore une fois, un film de fiction trop explicite dans la représentation graphique de la violence, du combat entre le bien et le mal, ne peut espérer s'élever plus haut qu'à la cheville du divertissement. C'est encore plus vrai si le réalisateur oublie le jeu des acteurs, ou ne se limite qu'à choisir la meilleure des 25 prises de chaque scène.
Une chose qui est très importante dans la fiction et substantiellement paradoxale, c'est le côté «vraisemblable», le fil conducteur, le lien qui empêche les spectateurs de décrocher à la deuxième heure. Ce n'est pas sans raison que les scénarios de type «bascule» ou «volte-face», connaissent souvent plus de succès que la moyenne des films; l'effet de surprise stimule les spectateurs et les ramène rapidement à une écoute active.
Le pire cadeau qu'un réalisateur puisse faire à son public c'est:1- de mettre trop d'explications textuelles en présumant que sinon personne ne pourrait comprendre. 2- s'attarder sur des effets spéciaux sanguinolents pour rejoindre un public plus large (particulièrement friand d'hémoglobine) 3- se complaire dans un texte inutile et une violence toute aussi inutile en croyant que c'est ce que les vrais cinéphiles aiment.
Personnellement, je crois qu'on a pas besoin d'armes à feu ou de faire exploser des bagnoles pour illustrer un climat de violence. Tout ce qu'il faut, c'est un acteur avec des yeux...et la rage intérieure d'un homme violent. Quiconque a déjà senti la violence dans le regard de quelqu'un, n'a pas vraiment eu le temps de se demander s'il était armé, mafieux ou acteur!

dimanche 16 mars 2008

Printemps lourd

Je viens de finir de pelleter ce qui sera peut-être la dernière neige; mon fils Phillippe essayait d'en attrapper les derniers flocons ce matin, mais seulement à travers la fenêtre.
Tout y est pourtant, Primavera de Vivaldi à la radio, un couple d'amoureux qui se bécottent devant le dépanneur et Regard sur le court métrage qui coïncide très bien avec l'arrivée du vert nouveau...
Malheureusement, les évènements familiaux de cette année m'empêchent de profiter pleinement de Regard, si important au niveau du court métrage en région. Bien sûr il y avait quelques réalisateurs en herbe« style blasé à 22 ans», qui se donnaient en spectacle aux quelques représentations de l'an dernier, mais l'ambiance était somme toute fort agréable devant l'écran de neige.
Il faut beaucoup d'humilité pour se produire devant public et adopter un style emprunté, qui se voudrait original, ne peut que contribuer à miner la possibilité de recevoir des critiques encourageantes, car le public sent une espèce d'inaccessibilité de l'auteur. Il ne faut pas jouer à la vedette, ni tenter de duper en jouant à la fausse vedette.
J'adore reconnaître le talent de Patrick Bouchard et de Sébastien Pilote pour n'en nommer que quelques-uns et bien que je sois un spectateur sans nom caché dans la foule, je suis persuadé qu'ils sont aussi conscients de l'impact que leurs films ont sur le public, que de leur propre image...
En cinéma, il est difficile de dissocier le message du messager; je choisis la plupart du temps un film en fonction de son réalisateur, question d'intérêt et de vouloir vérifier si l'auteur a vraiment le feu sacré ou s'il est un technocrate de la fiction.

mercredi 5 mars 2008

Braver tous les interdits

Avec Les yeux grands fermés, Kubrik nous a amené sur les chemins de l'interdit. L'histoire de ce jeune médecin de bonne famille, obsédé par l'idée que sa femme puisse avoir eu une liaison avec un autre homme, le conduit dans les dédales de sociétés secrètes transgressant les lois sociales. Mais l'interdit le plus sous-entendu est celui de l'inconscient du jeune médecin. comme quoi nos conditionnements ont la couenne dure.

No country for old men des frères Coen nous amène plutôt sur le grand chemin de l'immoralité; celui où l'argent pousse faire à faire des choses, comme si l'engrenage devenait la vraie vie. Il nous force à admettre qu'il peut y avoir une relation entre les psychopathes et les tueurs à gages, où même la folie la plus profonde pour certains peut devenir une façon de vivre presque acceptée... un genre de code d'éthique pour les crapules et les canailles grosse pointure! Je comprends que le pape ait trouvé les propos de ce film un peu tendancieux! La performance des acteurs, malgré une violence plutôt accessoire, est remarquable tout autant que l'adaptation des frères Coen.

Le gouvernemnet fédéral et Téléfilm Canada ont ajouté une clause dans leur processus de sélection, pour le financement de certaines ooeuvres cinématographiques. Ces films ne devront pas déranger l'ordre social , ce qui selon certains juristes, pourraient bien ressembler à une tentative de censure. Il faut dire qu'un film dont l'action se déroule principalement dans un bar de danseuses, peut présenter un caractère relativement dérangeant et je ne parle pas ici du très suave Exotica d'Egoyan. Je pense qu'il faudra faire preuve d'imagination pour contourner cette foutue clause, sinon être prêt à encore braver tous les interdits pour que les gens comprennent que le cinéma, ce n'est pas la réalité mais la représentation possible d'une possible réalité... Venant de Harper et de son gouvernement conservateur, le scénario était plutôt prévisible et les rebondissements ne laissaient présager que le pire. On peut toujours croire que seule l'intrigue suffirait à assurer le succès de la production, mais le bide était déjà chronique d'une mort annoncée...