vendredi 9 octobre 2009

La couleur au bout du tunnel

Il est toujours agréable de voir un film qui rend hommage au génie créateur. Coco avant Chanel n'échappe pas à la règle.
Toutefois, le film d'Anne Fontaine, nous laisse en appétit sur le plan biographique. Bien qu'agrémenté d'une musique pleine d'Alexandre Desplat et d'images rappelant les toiles des impressionnistes, on a peine à sentir la force de caractère des personnages et les formidables costumes finissent par voler la vedette.
À mon avis. la mise en place du drame amoureux, d'où Chanel finira par émerger, est trop lourd et occulte les facettes biographiques.
Il faut revenir à l'idée première de Coco Avant Chanel, qui était d'illustrer la longue traversée du tunnel qui mène à une vie des plus colorées...

vendredi 10 avril 2009

Vendredi sain

Je parle souvent de cet univers constamment bousculé par le temps dans lequel nous vivons. Mais il y a là un leurre parfait; c'est notre univers qui est lui-même générateur du temps, nous nous laissons bousculer par nos obligations, compressés dans un temps emprunté qui nous étouffe...

Comme il est agréable de prendre un deuxième café et de se laisser glisser dans un horaire qui n'existe pas.

"À chaque fois qu'il me prend une envie de travailler, je m'assois dans un coin en attendant que ça passe, disait élégamment Gaston Lagaffe, dans un éloge quotidien de la fainéantise. "L'homme n'est pas fait pour travailler, la preuve, c'est que ça le fatigue."

Tout le monde s'entend pour dire que le travail c'est la santé et le nombre de nouveaux retraités qui se retrouvent désemparés suite à la perte de leur réseau social, devrait nous faire prendre conscience que le travail n'est pas le seul responsable de notre bonheur; il faut aussi avoir l'impression d'être utile, comprendre pourquoi nous travaillons et surtout pour qui...

Rien de mieux qu'une journée de congé pour saisir à quel point le travail nous stresse, nous rend improductifs et nous bloque dans notre créativité. Si le travail est la santé avec ses gestes répétitifs, ses tendinites, ses accidents, ses bouchons de circulation et ses horaires de garderie, alors imaginez un peu ce que serait la vie sans toutes ces contraintes.

On est quand même loin de "tout nu sur une île déserte" avec un ballon de volley, mais le travail aura toujours ce petit côté pernicieux; il nous fait perdre notre temps, au profit d'un autre qui l'achète...

mardi 17 mars 2009

Vécu à vendre; à peine usagé....

S'il y a quelque chose qui me tombe sur les nerfs, c'est bien la nostalgie des... jeunes!

Oui oui, vous savez la nostalgie qui fait chanter au kid de 18 ans "Souvenirs d'enfance", alors qu'il en est à peine sorti, l'autobiographie de Marie-Chantal Toupin qui vient à peine d'avoir trente ans, sans parler de tous les académiciens qui chantent les grands classiques français, sans ressentir ni comprendre ce qui a motivé l'écriture de telles chansons.

C'est quoi le vécu d'un gars de 18 ans? Une peine d'amour, l'éloignement pour les études, les travaux communautaires, le décrochage scolaire? Et à trente ans? Personnellement j'ai commencé à vivre à trente ans, avant ce n'était que de l'apprentissage, que de la mise en place, qu'une répétition...

Je me souviens de la première chanson que j'ai composé à 16 ans et je dois dire en toute honnêteté que c'était mauvais, sans ressenti et que même si ça s'inspirait de ce que je vivais à ce moment-là, c'était nul à ch... Pourquoi? pas de vécu, pas de recul, pas de quoi que ce soit!
Et la biographie de MCT, qu'allons nous y apprendre de plus, que son enfance abusée et ses aventures avec son gérant? Sans aucun intérêt....

Warhol avait sûrement raison; les individus en général sont en quête de 15 minutes de gloire et vivent dans l'illusion la plus profonde, que tout le monde veut tout savoir d'eux. Une société de nombrillistes égocentriques qui n'existent que dans le regard de l'autre; Narcisse en eaux troubles. C'est la chose qui m'écoeure le plus des télé-réalité; voir des no name devenir porte-parole d'un évènement social marginal, comme si tout à coup ils étaient importants et intelligents à la suite d'une intense série de bitcherie télévisée... C'est vraiment le monde à l'envers!

Il n'y a plus d'humilité, plus de discernement. C'est l'individu et ses motivations les plus débiles qui est valorisé. On peut tout écrire, tout chanter et tout le monde peut le faire. On peut même se servir d'une fausse nostalgie pour faire vendre n'importe quoi, comme si c'était important, comme si notre vie en dépendait.

dimanche 8 mars 2009

Si un jour je meurs...

Pourquoi pas un testament public? Est-ce que des volontés hallucinées, seraient reconnues comme étant légales en cas de décès? Allons-y

Si un jour je meurs:

Je ne veux ni photo, ni commentaire dans la chronique nécrologique. Les membres de ma famille et les amis que j'aime, le sauront bien assez vite. Pour ce qui est des autres, ils n'avaient qu'à se préoccuper de mon bonheur quand j'étais vivant.

Je veux que ma conjointe verse l'entièreté du montant de la police d'assurance à Aministie Internationale. (à moins que toutes les injustices, les iniquités et les oppressions n'aient été réglées de mon vivant, ce qui me surprendrait beaucoup!)

Je veux que l'alpiniste québécois Gabriel Filippi, transporte et dépose mon urne funéraire au sommet de l'Everest, lors de sa douzième expédition. Cette expédition devra être commanditée par Richard Branson de Virgin, et on pourra m'inscrire alors au Guinnes comme étant le plus-vieil-alpiniste-québécois-mort-sur-l'Everest-pour-l'éternité.

Avant mon incinération, je permettrai que l'on prélève mon foie pour pouvoir l'offrir en greffe à Éric Lapointe.

Je veux que l'on confie l'exécution de mes dernières volontés, à une firme ayant pignon sur rue, plutôt qu'à un milliardaire rencontré par hasard dans une chambre à occupation double aux soins intensifs.

Je veux que l'on joue "Utvilliksvank" de Carla Bley à la messe, car cette musique me fait penser étrangement à des funérailles de clown.

Je veux que tous les gens qui m'ont connu se souviennent de moi, à travers un sens de l'humour pas toujours évident, animé par une créativité libre et une conviction toute aussi réelle. Je veux qu'on se souvienne de moi comme le véritable promoteur, de la force tranquille du monolithe esseulé....

mercredi 4 mars 2009

USA boomerang

Sommes-nous en train d'assister au retour du sentiment pro-américain? Le départ de Bush et l'arrivée d'Obama vont-ils sonner le glas d'un antiaméricanisme qui a suivi septembre 2001?

Mon argument premier a toujours été, qu'il y a tout un pan de la culture américaine à laquelle nous n'avons pas accès. On nous vend ce qui est commercial, ce qui marche, ce que l'on veut bien acheter, mais les bon auteurs, les libres penseurs et les philosophes ne sont pas très bien exportés.

À voir les monopoles financiers sur notre territoire, à voir le "travail" de la CIA dans des pays en voie de développement et la propension de l'administration américaine à s'immiscer dans des résolutions de conflits à l'échelle mondiale, il est facile d'admettre que l'omniprésence des USA puissent irriter certaines communautés. Toutefois, le joueur incontournable, même rempli de bonne volonté "Obamienne", continue de déranger.

Si le Québec se sépare un jour, la frontière commune avec les USA sera toujours très utile, ne serait-ce que d'un point de vue commercial. Les idéologies patriotiques des américains, feront toujours partie de la mémoire collective; leur histoire en est une de patriotisme et la façon souvent un peu protectionniste de faire des affaires, n'est pas étrangère à la volonté de protéger les biens communs de tous et de chacun. On ne peut pas en dire autant de tous les Québécois et encore moins des Saguenéens, qui dépensent allègrement chez Wal-Mart afin de sauver de l'argent, mais pour ce qui est de la communauté tricotée serrée... on repassera!

Quand j'étais jeune, les adolescents de mon village vendaient des vers de terre aux riches pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre. Nous étions fascinés par ces gros bonshommes qui parlaient anglais et je dois dire que ce petit commerce, me fait toujours penser aux premiers jours d'un libre-échange, pour lequel nous étions doués. Les grands espaces du Québec, son gibier et sa faune ont toujours attirés les chasseurs et pêcheurs des USA. Encore aujourd'hui, c'est probablement ce que nous avons de mieux à leur offrir...

dimanche 22 février 2009

L'Histoire ne nous apprendra plus

J'ai souvent l'impression à écouter les historiens parler, que ce sont des passéistes essayant de remettre les pendules à l'heure, d'une vieille horloge sans aiguille.
Bien sûr l'histoire ne nous dit peut-être pas où nous devrions aller, mais favorise-t-elle vraiment une pulsion de l'avant qui ferait la différence, dans les choix d'avenir d'un peuple?

Il est difficile de faire abstraction des guerres, des génocides et des multiples exactions, en pensant que nous n'aurions pas avantage à tirer des leçons d'un passé aussi douloureux. Mais au-delà des considérations historiques, je crois qu'il faut véritablement voir à travers la boule de cristal, pour réussir à foncer sans se soucier des empêcheurs de tourner en rond.

Tout ce que l'histoire nous apprends bien, c'est le statu quo, notre condition inchangeable et la désarmante incapacité à avancer. Au meilleur de la situation, si on veut devenir historien, il faut s'assurer d'être confortablement ancré dans le présent et de s'obliger plusieurs rappels à l'ordre, une peu comme un psy qui consulte en continu.

Sans trop être cynique, je pourrais dire que l'histoire nous apprends au moins une chose; à trop souvent regarder en arrière, on se cogne la gueule sur les lampadaires.

"Blinded by the light"

jeudi 19 février 2009

Ameuter l'esprit

Je me suis encore fait prendre au jeu du "lion qui s'essouffle". Richard Martineau dans sa chronique intitulée "L'esprit de meute", prétend qu'il y a un énorme fossé entre ce que pensent les gens des médias et la population en général, c'est-à-dire ceux qui les lisent.
Martineau est tout simplement incapable d'admettre qu'il puisse y avoir de la condescendance journalistique et que certains journalistes écrivent ce que le peuple veut "vraiment" lire. Pourtant, il y a belle lurette que le Journal de Mtl et de Québec donne dans l'antagonisme, le sensationnel et la superficialité. Alimenter les polémiques et les faux débats, ainsi qu'exposer les faits divers truculents, contribuent à augmenter le nombre d'abonnements et nourrir l'intellect du "populo minuto".

Malgré le côté légèrement nébuleux de son affirmation, je dois dire que Martineau possède un style qui dérange par son efficace véracité; jamais je ne penserais qu'il puisse dire le contraire de ce qu'il pense, uniquement pour plaire à certains lecteurs. Toutefois, cette bienheureuse authenticité est directement favorisée par une seule chose; la chronique.

Comme chacun a droit a ses opinions, il est beaucoup plus facile de ne pas refléter l'orientation d'un journal, quand on écrit de façon plus personnelle à travers une chronique d'humeur. Alors, selon vous, pourquoi Richard Martineau dans "L'esprit de meute" se permet-il de parler au nom des gens des médias, dont il se dissocie informellement tous les jours?